jeudi 23 février 2012

"La vie devant soi" - Romain Gary (Emile Ajar)

Lire un classique de temps en temps c'est conseillé. Surtout quand t'as évité la case lecture à l'école, comme moi.

J'ai découvert Romain Gary, et avec lui. J'ai voyagé. Oh pas très loin hein, à Belleville (oui encore Belleville, mais bordel quel quartier!). Ça a beau se passer au milieu des années 60, ça prend pas une ride.

Avec le phrasé d'un petit rebeu qui prend quatre ans en deux lignes, lié d'amitié à une vieille juive qui s'occupe des enfants de putes contre de la menue monnaie. C'est beau, putain qu'c'est beau. J'en ai pris plein la gueule. Les expressions, les raisonnements, la vie des personnages, pfiou.

Tu m'étonnes que le gros il a choppé un Prix Goncourt avec ça, je lui aurai bien décerné un titre à moi tout seul si c'était possible. Il faut pas passer à côté de ça, jamais t'entends ?


Momo, c'est l'ami de madame Rosa, qui est vieille et qui sent pu très bon sauf quand elle se met du parfum derrière les oreilles. Il jure en yiddish et en arabe, ce qui est pas très courant si tu vois c'que je veux dire. On pourrait pas écrire un roman comme ça aujourd'hui, y'aurait trop de problèmes si tu vois aussi c'que je veux dire. Il connaît plein de monde, des putes, un travesti noir ancien boxeur, d'autres noirs, des proxénètes, un vieil arabe aveugle-philosophe qui confond le Coran et Victor Hugo, et aussi des autres.

Le tout donc, de Belleville à Pigalle et c'est tant mieux surtout si t'aimes Paris autant que moi. Le voyage est pas super dur à reproduire, même quarante ans après t'as l'impression que tu pourrais vivre le truc. Tu les vois les gosses qui font les cons, tu l'imagines le travelo dans son bois de Boulogne. Et après t'as pu qu'une seule envie, de causer comme Mohammed et d'en mettre plein la gueule à la vie. Parce que si y'a bien une chose qui ressort dans ce foutu roman, c'est que la plus pute dans le tas, c'est elle, la vie.

Même si t'as déjà lu (j'te vois venir toi le libraire cultivé du haut de ton échelle clouée à l'étagère), ben faut relire. Souvent, comme ça. Pour pas oublier.

Pour les autres, c'est vraiment pas chiant à lire. C'est même pas un pavé et ça fait du bien aux oreilles (essayez de dire les phrases tout haut j'vous jure), aux yeux, aux souvenirs que t'as jamais eu, et à la tête.

Allez hop!

par Loubard
La vie devant soi, de Romain Gary (Emile Ajar)
Littérature française
Gallimard, mars 1982
6.20 euros

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