lundi 13 mai 2013

"Cristal qui songe" - Theodore Sturgeon

Après avoir lu Cristal qui songe et Les plus qu'humains, je constate que Theodore Sturgeon est un grand philosophe de l'humain. Dans ces deux livres, il essaye de nous montrer par le biais de personnes qui ne sont pas naturellement humaines ce qui fait de nous les hommes des êtres incomplets, handicapés par des comportements imposés, de plus en plus éloignés de la (leur) nature.
Explications.

Horty est un jeune garçon orphelin, rejeté par ses semblabes parce qu'il se comporte bizarrement et qu'il mange des fourmis, violenté par son père adoptif, Armand. Il s'échappe de chez lui un jour pour rejoindre une troupe de freaks, de phénomènes, dans laquelle il ne se sent plus étranger. Grâce à l'aide de ses nouveaux amis nains, il apprendra la vie, mais aussi à gagner sa vie et à comprendre les gens qui l'entourent. Le grand maître, appelé le Cannibale, est un homme méprisant, mystérieux, qui n'a d'yeux que pour d'étranges cristaux, qu'il désire contrôler plus que tout, car leur pouvoir est grand : ils peuvent créer des choses, et même créer la vie. Ces cristaux, Horty les sent qui l'appellent, et il finira par en comprendre le fonctionnement.

Globalement, on distingue deux catégories de personnes : les "monstres", qui sont pourtant les personnages les plus humains, et les vrais hommes, qui se comportent comme des monstres. On découvre aussi que le Cannibale, dont la haine pour ses semblabes est sans limite, aurait pu être quelqu'un de bien, si sa faim de pouvoir n'avait pas été ainsi alimentée par des gens qui n'ont eu de cesse de vouloir l'écraser. D'ailleurs, cette petite communauté n'existerait pas sans lui, qui les crée, les rassemble, les aide à vivre convenablement malgré leur handicap. On retrouve, comme dans Les plus qu'humains, une micro-société construite comme une seule personne, une seule entité, qui a besoin de tous ses membres pour fonctionner, car chacun a une fonction précise, une particularité, voire un pouvoir spécial.

A la différence de cet autre livre, j'ai trouvé celui-ci beaucoup plus fluide, plus direct et concentré sur l'histoire. La question des cristaux reste en suspens, car on en apprend finalement très peu sur ces étranges choses qui semblent régies par un autre univers, et il y a parfois de très grosses ellipses temporelles ; il faut croire que Sturgeon est un auteur à lire pour ses idées et non pour son écriture.

par Mrs.Krobb

Cristal qui songe de Theodore Sturgeon
Littérature anglaise (traduction de Alain Glatingy)
J'ai lu, mars 2004
5 euros

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