samedi 22 février 2014

"Karoo" - Steve Tesich

Karoo bordel de bordel. J'ai du répété cette phrase au moins milfois à la lecture de cette petite bombe.

Petite ? J'en fais des caisses putain. Karoo c'est pas seulement l'histoire d'un mec blasé, c'est comment exprimer sa parano tout en faisant croire aux lecteurs qu'on est pas parano. Tu me suis ? J'imagine que non. Attends j'vais clarifier autant que je peux (image gratos comme métaphore : raclement de gorge remplie de glaires pour clarifier les voies respiratoires).

(mollard lâché)

Saul Karoo est docteur en cinéma. Il guérit les films en retravaillant le scénario à sa sauce, le rendant plus bankable. Une vraie pute quoi. Mais une pute pro. Le seul problème avec Saul Karoo c'est que la seule chose qu'il sait guérir, c'est les films. Se guérir lui-même, de lui-même il peut pas. Pourquoi ?

Bah parce qu'il est en dépression, con. Du coup il a une manière de voir les choses qui sont complètement incomprises par ses proches (il aime par dessus tout son fils adoptif, sauf qu'il le trahit constamment, ...). Ah ouais, il a une maladie dont il a conscience ; celle de plus arriver à se bourrer la gueule. Je veux dire de devenir ivre. L'ivresse quoi, HOP disparue. (la chance !). Sauf que du coup il est obligé de feindre le fait d'être bourré pour continuer de faire croire à son entourage qu'il est un alcoolique engagé.

Un fou furieux quoi.

Un fou furieux qui augmente notre plaisir de destruction de l'autre au fil des pages. De l'autre pas au sens général, l'autre, Karoo. C'est sincèrement malsain de savoir qu'il va s'en prendre plein la gueule, même lorsque il reprend du galon après avoir rencontré Leila Millar, et que nous BRAVES LECTEURS nous continuons de lire, lire et relire cette déchéance.

LE roman complet. Du cul (un peu), du trash (un chouïa plus), du cynisme (à forte dose), de la maltraitance, du dégoût, de l'amour et de la mythologie (nan mais ouais carrément allons y quoi !).

J'vous cache pas que j'aurai préféré agrémenter ma bibliothèque du grand format paru chez Monsieur Toussaint Louverture (sauf s'ils tombent sur cet article et qu'ils veuillent bien me balancer un SP gratos quoi), mais ça reste de la branlette de libraire alors si votre porte monnaie vous le permet pas, vous pouvez toujours sauter sur ce cocktail molotov qui vient juste de sortir en poche chez Points, cocktail balancé à la gueule d'une génération de cinquantenaires dans les années 90 aux États-Unis, faisez gaffe quand même à vos gueules, l'explosion sera pas sans séquelles.

(désolé pour les phrases à rallonge, pleines de virgules et qui t'obligent à reprendre ton souffle, j'réapprends à écrire du coup vous en faites les frais).

BOOYAH KAROOYAH !

par Loubard

Karoo, de Steve Tesich
Littérature américaine (traduction par Anne Wicke)
Points, février 2014
8.60 euros



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