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lundi 12 février 2018

"We - Women everywhere" - Gillian Anderson & Jennifer Nadel

À un moment ou à un autre de notre vie, la plupart d'entre nous ressentent un appel émanant du plus profond de soi. Parfois, il est si discret qu'on l'entend à peine - comme un léger coup à la porte. Il ne fait pas plus de bruit qu'une feuille qui tombe.
On peut alors s'imaginer l'avoir rêvé. Mais il peut aussi retentir plus fort et prendre la forme d'un malaise persistant, d'une sensation de manque. Cette sensation nous réveille au beau milieu de la nuit, et l'on commence à s'interroger sur le sens de notre routine quotidienne.
Chez certaines, c'est une sensation de solitude qui subsiste même en présence d'amis. Ou un sentiment d'injustice doublé d'un désir urgent de changer les choses qui semble en même temps voué à l'échec.
Notre cœur nous chuchote qu'il existe peut-être une meilleure manière de vivre, que nous devrions nous recentrer sur l'essentiel : la souffrance d'autrui et l'avenir de notre planète, mais notre tête, elle, nous accuse de naïveté et nous dit de nous mettre au travail, de continuer notre vie comme si de rien n'était.
Ouvrage de développement personnel qui s'adresse d'abord aux femmes, We - Women everywhere part d'une expérience personnelle, d'un vécu et d'un constat et se veut un condensé de principes et d'exercices pratiques pour toutes les femmes du monde afin de se sentir plus en accord à l'intérieur de soi mais aussi avec son entourage - proche et large. Inspiré de plusieurs philosophies, parfois spirituelles, parfois purement factuelles, il pourra paraître redondant à celles qui ont l'habitude de lire ce genre d'ouvrage, si ce n'est qu'il part de vérités intemporelles et sans frontières pour s'insérer dans le quotidien et donne en cela des exemples concrets et des possibilités d'applications précises. Les exercices sont là pour rappeler que savoir est une chose, mais que faire en est une autre.
Quelle que soit sa forme, cet appel est une invitation à prendre une nouvelle voie. Vous y résisterez peut-être. Nous sommes nombreuses à y avoir résisté pendant des années, voire des dizaines d'années. Ce choix vous appartient. Mais sachez que cette nouvelle voie vous attendra patiemment : l'appel se manifestera régulièrement, peut-être même quotidiennement, avec des degrés différents, pour vous rappeler que si vous voulez que votre vie ait un sens, vous ne pourrez pas y couper.
Bien que ce qui est décrit ici parait parfois d'une simplicité et d'une évidence pure, il sera bien entendu beaucoup plus difficile de l'appliquer réellement, de le mettre en place dans la vie de tous les jours et face à toutes les situations. C'est pourquoi l'ordre d'énoncé est très important, cela stipule bien qu'il vaut mieux y aller dans l'ordre, une marche à la fois, afin de se sentir assez forte, suffisante et épanouie en soi avant de se préoccuper de ce que l'on peut faire pour changer le monde - même si c'est bien le but ici : se rassembler pour améliorer la condition des femmes, voire de la planète, dans un sens à la fois écologique et sociologique.
Imaginez une solidarité féminine qui transcende toutes les croyances et toutes les cultures. Imaginez que nous, les femmes, nous engagions tacitement à nous soutenir et à nous encourager mutuellement. À ne pas chercher à profiter des faiblesses de notre voisine, ni à nous juger. À garder en tête que, ne sachant pas ce que traversent les autres, mieux vaut partir du principe que nous faisons toutes de notre mieux. À œuvrer chacune pour nous guérir nous-même de façon que, ensemble, nous puissions créer un monde plus bienveillant.
Après Femmes qui courent avec les loups, qui se base sur les contes, les mythes, les rêves et les archétypes, ce petit livre se veut très ancré dans le quotidien. Et pour cela, les auteures n'hésitent pas à témoigner de leur propre expérience, sans fard, en se mettant presque à nu, afin de montrer que même les figures de femmes fortes ont leurs failles et ont dû apprendre à panser leurs blessures - parfois en silence, car en étant femmes privilégiées, il peut arriver un sentiment d'illégitimité à se plaindre. De nombreuses autres femmes, artistes, politiques, écrivaines, activistes, musiciennes et autres prennent également leur place ici, qu'elles soient contemporaines ou non, par le biais de citations disséminées un peu partout le long des chapitres.
On l'oublie facilement, mais les femmes n'ont acquis des droits légaux fondamentaux que relativement récemment - même dans les pays occidentaux développés. Il y a encore une centaine d'années, les femmes n'avaient pas le droit de vote aux États-Unis et au Royaume-Uni. Ce n'est respectivement qu'en 1920 et en 1928 qu'elles ont obtenu la parité en matière de vote. Et jusqu'aux années 1990, nos maris pouvaient nous violer en toute légalité. Pendant la majeure partie de l'histoire juridique, nous avons été traitées comme des êtres inférieurs, et l'héritage de ces siècles d'inégalités continue à avoir de lourdes conséquences sur notre rapport à notre identité.
Un livre écrit par des femmes pour des femmes. Pourquoi c'est nécessaire ? Déjà, peut-être, parce qu'au niveau de l'écriture, et malgré les soubresauts de l'écriture inclusive, c'est encore et toujours le masculin qui l'emporte, et que les femmes ici auront vraiment l'impression qu'on s'adresse à elles. Bien sûr, les principes énoncés ici peuvent s'appliquer peu importe le genre, le sexe, l'identité ; ce sont des principes, j'oserai dire, universels. Mais il est question plutôt d'une forme de solidarité, d'une sensibilité vue comme typiquement féminine, de comportements et de réactions auxquelles les femmes seront peut-être plus promptes. C'est pourquoi également la fin du livre est réservée au constat qui est fait sur la situation des femmes, principalement dans les pays occidentaux, afin d'éveiller l'urgence du féminisme et de l'égalité, du moins de la représentation et de montrer ce qui est inacceptable. Quoiqu'il en soit, c'est un appel pour les femmes à se serrer les coudes, à se reconnaître comme unies, à être bienveillantes avant tout envers elles-mêmes et entre toutes, à se soutenir et à s'accepter, peu importe le milieu, la classe, l'origine et la façon de se présenter. Bien que ce livre soit le fruit d'un milieu privilégié, les principes pourront être appliqués par toutes, même si les exemples utilisés seront peut-être différents.
"En 2016, j'ai révélé qu'on m'avait proposé la moitié du salaire de mon partenaire masculin à l'écran pour un rôle qui, c'est de notoriété publique, est un « duo » et représente la même quantité de travail. J'ai fini par obtenir la parité, mais je savais qu'un jour je devrais lever le voile sur ce qui s'était passé... dans l'intérêt des femmes. Vous n'avez pas idée de l'état de nervosité dans lequel j'étais. (...) Je crois que c'est uniquement parce que de nombreuses femmes très respectées de mon industrie avaient récemment évoqué le sujet de l'égalité salariale en public que j'ai fini par avoir la force de le faire. (...) Même si c'était la vérité ! J'avais peur de mettre l'Homme en colère et la FEMME aux commandes dans l'embarras."
Enfin, à la fin du livre, vous retrouverez une partie assez importante concernant les ressources bibliographiques, les centres d'aides, les différentes organisations et bien sûr, un résumé des différents principes élaborés. Ce qui, je pense, peut s'avérer franchement utile pour développer sa pratique ou se faire aider le cas échéant. Il y a aussi de plus grandes chances pour que ces ressources soient adaptées pour les femmes, ce qui est non négligeable.
Les recherches montrent qu'une fois qu'une personne franchit la ligne jaune et adopte un comportement violent, elle est susceptible de continuer. Par ailleurs, plus une femme tolère cette maltraitance longtemps, plus elle aura du mal à s'en libérer.

Bonus :
- Les principes en résumé : L'honnêteté, l'acceptation, le courage, la confiance, l'humilité, la paix, l'amour, la joie, la bienveillance
- Extraits 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7

par Mrs.Krobb

We - Women everywhere : Neuf principes pour une vie riche de sens de Gillian Anderson et Jennifer Nadel
Essai anglais (traduction par Laure Motet)
HarperCollins, février 2018
14,50 euros

lundi 5 février 2018

"Femmes qui courent avec les loups" - Clarissa Pinkola Estés

Les loups sains et les femmes saines ont certaines caractéristiques psychiques communes : des sens aiguisés, un esprit ludique et une aptitude extrême au dévouement. Relationnels par nature, ils manifestent force, endurance et curiosité. Ils sont profondément intuitifs, très attachés à leur compagne ou compagnon, leurs petits, leur bande. Ils savent s'adapter à des conditions perpétuellement changeantes. Leur courage et leur vaillance sont remarquables.
Pourtant, les uns et les autres ont été chassés, harcelés. À tort, on les a accusés d'être dévorateurs, retors, ouvertement agressifs, on les a considérés comme étant inférieurs à leurs détracteurs. Ils ont été la cible de ceux qui veulent nettoyer l'environnement sauvage de la psyché au même titre que les territoires sauvages, et parvenir à l'extinction de l'instinctuel. Une même violence prédatrice, issue d'un même malentendu, s'exerce contre les loups et les femmes. La ressemblance est frappante.
Clarissa Pinkola Estés, diplômée en ethnologie et en psychologie clinique, et surtout et avant tout une conteuse remarquable, qui a su aller fouiller dans les méandres des histoires traditionnelles, initiatiques, fabuleuses, relayées en tous temps de façon souvent orale, et donc parfois déformées au fil du temps. En fin de livre, surtout, elle parle de ce savoir-faire presque perdu, celui d'aller rechercher dans les origines et de dépouiller tout contenu culturel de la censure drastique, effectuée souvent au nom de la religion, de la pudeur - ou de l'incompréhension. Le conte dans son essence porte des messages hautement significatifs mais toujours très symboliques et archétypaux. Les archétypes constituent ce que l'on pourrait appeler un ensemble d'instructions psychiques qui, à travers le temps et l'espace, viennent apporter leur sagesse à chaque nouvelle génération. Elle effectue en cela le même travail que les frères Grimm en leur temps, et nous apporte quelques versions de ces contes, plus brutes, plus vraies, plus nues, plus sauvages, venues de toutes les parties du monde, de toutes les cultures, et qui parleront pourtant à toutes les femmes, au plus profond.
Parfois, la structure originelle des contes se trouve modifiée par des retouches culturelles diverses. Par exemple, dans le cas des frères Grimm (entre autres collecteurs de contes de fées des siècles passés), on soupçonne les conteurs de l'époque d'avoir « purifié » leurs histoires, par égard pour leur religion. Au fil du temps, les vieux symboles païens ont été recouverts par d'autres, chrétiens. (...) Des éléments d'ordre sexuel ont disparu. Des créatures et des animaux bienveillants ont souvent été changés en démons et croquemitaines.
De la sorte, de nombreux contes riches d'enseignement sur le sexe, l'amour, l'argent, le mariage, l'enfantement, la mort, la transformation ont-ils été perdus, comme ont été ensevelis les contes de fées et les mythes susceptibles d'expliciter d'anciens mystères féminins. La plupart des anciens recueils de contes de fées et les récits mythologiques qui sont parvenus jusqu'à nous ont perdu en route leurs éléments scatologiques, sexuels, pervers (par le biais des mises en garde), féminins, initiatiques, pré-chrétiens, les Déesses, les remèdes à divers maux psychologiques et les indications pour parvenir à des extases spirituelles.
Outre cette facette de conteuse, l'auteure est aussi une guérisseuse, une sage femme qui, par le biais de la psychologie de l'inconscient, des symboles, des mythes et des archétypes, va permettre aux femmes de faire connaissance avec leur vrai soi, leur âme ou leur essence, va leur permettre de défricher un terrain trop bien adapté aux convenances masculines et culturelles, et donc de renouer avec leur nature sauvage, indomptée, pure - La Femme Sauvage.
La compréhension de la nature de cette Femme Sauvage n'est pas une religion. C'est une pratique. C'est une psychologie au sens stricte du terme : psukhê/psych, âme, et ologie ou logos, connaissance de l'âme. Sans elle, les femmes n'ont pas d'oreille pour l'entendre parler à leur âme ou pour écouter l'horloge de leurs propres rythmes internes. Sans elle, leur regard intérieur est occulté par une main d'ombre et elles passent la majeure partie de leurs journées à s'ennuyer ou à souhaiter que tout soit différent. Sans elle, leur âme ne va plus d'un pas sûr. Sans elle, elles oublient pourquoi elles sont là, elles en font trop ou pas assez, elles restent dans un silence glacé alors qu'en fait elles brûlent. Elle est le cœur qui régularise leur âme comme l'autre cœur, l'organe, régularise leur corps.
Nous parvenons donc au cœur même de l'ouvrage, qui est cette idée de la femme immortelle, intemporelle, vieille, sage, protectrice et bienveillante, qui pousse parfois dans nos retranchements pour mieux nous permettre, à nous les femmes, de s'épanouir et de se défaire de toutes sortes de fardeaux, de panser des blessures ancestrales et de comprendre ce qui se passe à l'intérieur même de ce corps que nous avons encore besoin d'accepter, d'apprivoiser, de comprendre, de chérir et de prendre soin, ce temple sacré. Que ce soit par le biais des contes, des rêves, de la psychologie, cette femme sauvage apparaît toujours au moment où l'on en a terriblement besoin. Par ailleurs, je tiens à préciser que de nombreuses jeunes filles et plus vieilles femmes m'ont conseillé ce livre à de nombreuses reprises, et que - sans surprise ? - je n'ai consenti à réellement m'y plonger qu'au moment où il ferait le plus de sens, où je serais prête, où je pourrais le mieux le comprendre, l'assimiler et entreprendre avec ferveur cette quête du moi.
On dit que le professeur arrive lorsque l'élève est prêt. Cela signifie que le professeur apparaît quand l'âme, et non le moi, est prête. Dieu merci, d'ailleurs, car le moi n'est jamais tout à fait prêt. Si cela ne dépendait que de lui, nous resterions la vie entière sans professeur. Nous avons de la chance, car l'âme continue à transmettre son désir, quelles que soient les opinions toujours changeantes de notre moi.
Ce livre n'est pas seulement un recueil de contes, une analyse pragmatique et poussée, un essai sur la psychologie ou les symboles, c'est un vrai manuel de vie, une aventure enrichissante et salvatrice qui permet aux femmes de comprendre le pourquoi, le comment, l'être, les blessures, les rêves, et qui enseigne à faire rejaillir cette flamme créatrice, bouleversante, qui hurle de faire, d'agir, de parler, de chanter, danser, écrire, aimer, jouer, peindre, cultiver...! C'est un livre qui aime profondément, véritablement, inconditionnellement et universellement la femme, sans distinction de classe, de race, de privilège ou de culture.
Une grande partie de la psychologie met l'accent sur les causes familiales de l'angoisse et pourtant les composantes culturelles ont un poids aussi lourd, car la culture est la famille de la famille. Si la famille de la famille souffre de maux divers, toutes les familles à l'intérieur de cette culture devront se confronter au même malaise. Dans ma famille, on dit : cultura cura, la culture soigne. Si cette culture guérit, les familles vont apprendre à se soigner, à moins lutter, à avoir une action plus réparatrice, moins blessante, emplie de plus de grâce et d'affection. Si c'est une culture où règne le prédateur, toute nouvelle vie à naître, toute vie ancienne à disparaître vont être maintenues dans l'immobilité ; les âmes des citoyens resteront glacées de peur et auront faim de spiritualité.
Je peux dire sans me tromper que c'est un livre à remettre absolument entre les mains de toute jeune fille, femme, mère, grand-mère, de toutes celles qui ont des cicatrices, qui se sentent déprimées, oppressées, vidées, épuisées, dénigrées, de toutes celles qui ont perdu l'élan crucial de s'exprimer, d'être ce qu'elles sont, ce qu'elles veulent. Un livre intergénérationnel qu'il faut se passer sous les jupes, lequel donne envie de rire, pleurer, s'émerveiller, lever le poing, se rebeller, reprendre sa vie en main. Plus que jamais au cœur de l'actualité, même si le féminisme a toujours été une question vitale pour celles qui en sont au cœur, ce récit mérite d'être partagé, lu, relu, cité, étudié.
Cet encouragement à tailler dans son corps ressemble étrangement à la façon dont on taille dans la chair de la terre elle-même, dont on la brûle et on l'écorche, mettant ses os à nu. La blessure de la psyché et du corps des femmes a son pendant au sein de la culture et en fin de compte au sein de la Nature elle-même. Une véritable psychologique holistique considère que tous les mondes ne constituent pas des entités séparées, mais son interdépendants. Il n'est pas étonnant que, dans notre contexte culturel, le problème soit le même pour la femme, le paysage et la culture, dans laquelle on taille au nom de ce qui est à la mode. Les femmes ne pourront certes pas empêcher du jour au lendemain la dissection de la culture et des terres, mais elles peuvent cesser de le faire sur leur propre corps.
Et je remercie chaudement Clarissa Pinkola Estés d'avoir été, pendant un temps relativement long - puisque j'ai lu ce livre par étape, en prêtant toute mon attention aux répercussions qu'il a pu avoir le temps de ma lecture - la voix de cette Femme Sauvage, de cette louve, de cette mère ou grand-mère, d'avoir réussi à poser des mots justes, clairs, efficaces, sans fard, d'avoir su donner autant d'enthousiasme, d'élan et de courage tout au long des pages.
En espagnol, elle pourra s'appeler Rio Abajo Rio, la rivière sous la rivière, La Mujer Grande, la Grande Femme, Luz del abismo, lumière de l'abysse, La Loba, la femme louve ou La Huesera, la femme aux os. En Hongrie, on l'appelle Ö, Erdöben, Elle des Bois, et Rozsomák, le glouton - cet animal proche du loup. En navajo, elle est Na'ashjé'ii Asdzáá, la Femme-Araignée, qui tisse la destinée des humains, des animaux, des plantes et des rochers. Au Guatemala, elle est, entre autres nombreux noms, Humana de Niebla, L'Être de Brume, la femme qui vit à tout jamais. Au Japon, elle est Amaterasu Omikami, La Numineuse qui apporte toute lumière, toute conscience. Au Tibet, on l'appelle Dakini : c'est la puissance dansante qui fait voir clair aux femmes.

Bonus : extraits 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 20, 21, 22

par Mrs.Krobb

Femmes qui courent avec les loups : Histoires et mythes de l'archétype de la femme sauvage de Clarissa Pinkola Estés
Essai américain (traduction par Marie-France Girod)
Le livre de poche, octobre 2001 (original : 1992)
9, 70 euros

lundi 17 juillet 2017

"Quand la conscience s'éveille" - Anthony de Mello

Anthony de Mello était un prêtre jésuite indien qui a également étudié la psychologie aux Etats-Unis. Il a fondé en 1972 l'Institut Sadhana, qui dispense une formation spirituelle et pastorale. Mais il se démarque de ses confrères en cela qu'il prône plus de liberté et d'ouverture, qu'il exhorte à se libérer d'une doctrine religieuse trop rigide et "sclérosée". Son originalité se retrouve beaucoup dans la transcription de ses paroles de sagesse, qui sont empreintes d'un langage oral plutôt qu'écrit, vivant, ferme, radical. Son engouement et sa lutte contre l'emprisonnement du "sommeil collectif" pour éveiller les consciences sont forts et tentent de bousculer l'auditoire (ou le lectorat) afin qu'il sorte de sa léthargie et de son endoctrinement, de son conditionnement. 
Qui vit en vous ? Comprendre que quelqu'un vit en nous est passablement horrible. Vous vous croyez libre, mais il n'y a pas un geste, pas une pensée, pas une émotion, pas une attitude, pas une croyance qui ne vous viennent de quelqu'un d'autre. N'est-ce pas horrible ? Et vous ne le savez même pas. Une vie machinale vous a été imposée. Vous avez de solides convictions et vous pensez que ces convictions vous appartiennent en propre, mais est-ce bien vrai ? Vous allez avoir besoin d'un surcroît important de conscience pour comprendre que cette chose que vous appelez « Je » n'est peut-être qu'un conglomérat de vos expériences passées, de votre conditionnement et de votre programmation.
Le livre est découpé en beaucoup de petites parties sur des thèmes particuliers, dont certains se répètent parfois, pour moi appuyer sur un point précis, pour enfoncer les portes résolument fermées et marteler comme un mantra une bonne fois pour toutes. Il est certain que l'auteur a roulé sa bosse et qu'il peut faire office d'autorité spirituelle et psychologique, ses enseignements sont simples, efficaces, uniquement fondés sur le bon sens et voués à stopper l'auto-apitoiement général, tout en donnant les clés de solutions pratiques - simples d'apparence, mais encore une fois pas toujours facile à appliquer tant qu'on se repose sur des excuses et des conditionnements.
Parlons par exemple de l'illusion, de l'erreur de jugement qui consiste à croire qu'en changeant le monde extérieur vous changerez. Vous ne changerez pas si vous vous contentez de changer votre monde extérieur ; vous ne changerez pas en changeant de métier, de conjoint, de maison, de gourou ou de religion. Croire cela équivaut à croire que l'on change d'écriture en changeant de crayon. Ou que l'on modifie sa capacité de réfléchir en changeant de chapeau. Ces choses-là ne changent rien à ce que vous êtes. 
Bien que fondé sur la psychologie humaine de base, le livre est moins un manuel de développement personnel qu'un recueil de paroles spirituelles, basées principalement sur la religion chrétienne ou bouddhique, mais aussi sur les principes zen japonais, entre autres. Anthony de Mello n'est pas tendre, mais c'est pour mieux réveiller l'amour inconditionnel. Il n'est pas un chantre de la pensée positive, mais il démontre point par point que ce sont plus nos pensées qui conditionnent notre monde intérieur et extérieur que l'inverse. Il invite à se recentrer sur soi, à faire le point, à se comprendre, à se défaire, défragmenter, reconstruire, réapprendre, il invite à se défaire de toute opinion pour enfin atteindre la vérité.
N'écoutez jamais les gens qui vous disent : « Oubliez-vous ! Aimez les autres. » Ne les écoutez pas. Ils ont tort. La pire des choses est de s'oublier soi-même lorsque l'on va vers les autres pour les aider. 
Ponctué de petites fables à morale pour illustrer les propos - petites histoires qui fonctionnent très bien d'ailleurs, avec beaucoup d'humour - le livre se lit d'une traite, ou en choisissant le sujet qui intéresse le plus. Je dirai même qu'il se relit, qu'il s'assimile. Et s'il est compréhensible à la fois pour les plus jeunes et pour les plus vieux, il semblerait qu'il soit donc non seulement efficace mais profondément vrai.

Bonus : extraits 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10

par Mrs.Krobb

Quand la conscience s'éveille de Anthony de Mello
Essai américain (traduit par Paule Pierre)
Espaces libres (Albin Michel), novembre 2002
7,80 euros

lundi 10 juillet 2017

"La Divine Matrice" - Gregg Braden

Derrière ce titre qui peut sous-tendre une dimension religieuse, il y a surtout les 90% de l'espace, ce vide sidéral qui nous entoure et qui prend place entre chaque chose. Matière noire, éther, champ d'énergie, matrice, toile, hologramme... Mais qu'est-ce donc ? A travers les recherches scientifiques, les théories physiques, les expérimentations en laboratoire, la mythologie, les traditions spirituelles et l'énergie psychique, Gregg Braden tente de couvrir ce champ en le définissant au mieux. Pas évident, puisqu'il s'agit de tout ce que nous ne voyons pas, ne pouvons pas voir. Difficile dès lors de prôner l'existence de quelque chose - ou même de réfuter cette présence.

« Toute matière provient d'une force et n'existe que par celle-ci [...].
Nous devons présumer l'existence, sous cette force, d'un Esprit conscient et intelligent.
Cet Esprit est la matrice de tout matière. »
Max Planck, 1944

Partons donc du principe que la divine matrice est ce qui nous unit, qui interconnecte toute chose et permet à deux particules séparées de milliers de kilomètres de réagir toujours comme si elles étaient ensemble, reliées. Partons donc du principe que, comme Jeremy Narby le démontrait dans son livre Le Serpent cosmique, nous pouvons reconstruire la totalité d'un individu à partir d'un ongle ou d'un cheveux ou d'une cellule grâce à son ADN, les parties de cette individu qui sont séparées de lui continuent de réagir à ce qui l'affecte. Partons également du principe que le temps et l'espace sont relatifs et que notre relation à ces dimensions est bien plus vertigineuse que ce qu'on a pu le penser jusqu'ici. Partons du principe qu'il faut au moins un observateur pour constater que le monde existe.

Voici donc, en gros, ce que représente le vide qui nous entoure.

Mais l'auteur ne s'arrête pas ici, et entre dans une dimension plus spirituelle et plus fondée sur la conscience en fournissant en dernière partie de son livres quelques clés pour comprendre comment fonctionne ce champ d'énergie, comment l'influencer et comment faire en sorte de se relier plus profondément au reste du monde. Il explique, entre autres, qu'il suffirait d'1% d'une population donnée pour influencer le reste (d'où la recrudescence de la violence après une méditation de masse). Suivent donc quelques étapes et solutions de développement personnel afin de se défaire des limites mentales et des barrières qui empêchent de sentir la plénitude promise.

Un livre qui oscille donc entre démonstrations scientifiques, questionnements physiques, théories et pratique, sagesse philosophique et psychique et révisions sur la divinité.

par Mrs.Krobb

La Divine Matrice de Gregg Braden
Essai américain (traduction par Louis Royer)
J'ai lu, mars 2017
7,20 euros

lundi 19 juin 2017

"La maîtrise de l'amour" - Don Miguel Ruiz & Janet Mills

L'auteur, entre autres, des Quatre accords toltèques, un des livres cultes du développement personnel posant les bases d'un mieux-être relationnel, revient cette année avec une nouvelle édition de cet ouvrage pour maîtriser l'art des relations, et plus particulièrement l'art de l'amour, le premier art parmi tous, qui nous permet de vivre dans la plénitude.

Partant de la racine de la vie, donc de la naissance et des ancêtres, il postule que l'enfant est, avant tout système éducatif, innocent dans sa façon d'aimer. Il s'aime lui-même profondément, après avoir découvert qu'il existe, et il aime également inconditionnellement ses parents. Il ne juge personne. Mais chacun des êtres humains ayant vécu sur cette Terre ayant connu des malheurs et des blessures émotionnelles, la conscience collective a engendré ce que les toltèques appellent : le Rêve de l'enfer. Pour eux, la planète est une immense asile psychiatrique où chaque homme est psychiquement malade, rongé par le mal et couvert de plaies émotionnelles que l'on gratte en permanence.
Si vous regardez la description de l'enfer telle qu'elle est formulée par n'importe quelle religion, vous verrez qu'elle est identique à notre société humaine, à la façon dont nous rêvons collectivement. L'enfer est un lieu où l'on souffre, où règne la peur, un lieu de guerre, de violence et de jugement dépourvu de justice, un lieu de punition sans fin. On n'y voit que des humains dressés contre d'autres humains, au milieu d'une jungle de prédateurs ; des gens pleins de jugements, de reproches, de culpabilité, de poison émotionnel : l'envie, la colère, la haine, la tristesse, la souffrance. 
La peur est le principal poison émotionnel, dont découlent tous les autres. Elle est comme un parasite qui se nourrit de tout sentiment qu'elle engendre et devient ainsi le juge ultime de tous les actes relationnels, mais aussi de toute perception personnelle. La peur des autres provient la plupart du temps de ce que l'on ne s'aime ni se respecte soi-même, car on a appris à ne pas le faire, à se comparer en permanence avec des modèles, à partir en quête de la perfection ultime. La peur provient du manque de reconnaissance qui est un des "besoins" les plus ancrés, qu'on recherche chez autrui alors même que l'on est souvent incapable de se l'accorder à soi-même. Si l'on n'a pas appliqué l'un des quatre accords toltèques qui est de ne pas faire de suppositions, nous sommes donc prisonniers d'un système de croyance qui est mal géré et sûrement en notre défaveur.
De même que les sociétés et les religions du monde entier ont créé des mythologies incroyables, nous aussi, nous créons les nôtres. Notre mythologie personnelle est peuplée de héros et de méchants, d'anges et de démons, de rois et de roturiers. Ainsi, nous créons toute une population dans notre esprit, avec de multiples personnalités. Puis nous maîtrisons les images de nous que nous utiliserons dans telle ou telle circonstance. Nous devenons experts dans l'art de faire semblant et de projeter nos images et ainsi, nous maîtrisons ce que nous croyons être. Lorsque nous rencontrons quelqu'un, nous le classons immédiatement et nous lui assignons un rôle dans notre vie. Nous créons une image pour chaque personne, selon ce que nous croyons qu'elle est. Et nous faisons cela pour toutes les personnes et toutes les choses qui nous entourent.
Vous avez le pouvoir de créer. Ce pouvoir est si fort que tout ce que vous croyez se réalise. Vous vous créez vous-même tel que vous croyez être. Vous êtes comme vous êtes, parce que c'est ce que vous croyez à propos de vous-même. Toute votre réalité, tout ce que vous croyez est votre propre création.
Le premier pas à faire serait donc de se recentrer sur soi-même et de guetter ses propres réactions, ses croyances, ses blessures, ses mécanismes, et de se donner autant d'amour que l'on en attend d'autrui - voire plus encore. C'est en retrouvant le pouvoir d'aimer, de créer une réalité qui n'est pas basée sur la peur, en sortant des schémas et en se donnant tout le crédit que l'on mérite, que les choses commencent à changer et que l'on peut se défaire des relations toxiques. C'est en se respectant soi-même que l'on construit des relations basées sur le respect. Si l'on a une mauvaise image de soi, c'est cette image qui sera reflétée en permanence.
L'amour ne connaît aucune obligation.
L'amour n'a pas d'attentes.
L'amour se fonde sur le respect.
L'amour est impitoyable ; il n'a pitié de personne, mais il a de la compassion.
L'amour est totalement responsable.
L'amour est toujours bon.
L'amour est inconditionnel.
Dans la voie de l'amour, la justice existe.
Dans la voie de l'amour, vous donnez plus que vous ne prenez.
L'auteur fait une analogie intéressante qui est la suivante : Supposez que vous n'ayez rien à manger chez vous, que vous n'ayez pas les moyens de vous sustenter, et que quelqu'un arrive avec de quoi vous nourrir, mais cherche à en tirer profit et vous soumet à se volonté. Afin d'éviter la famine, vous coopérez. Supposez maintenant que vous ayez dans votre cuisine toute la nourriture nécessaire pour vous alimenter vous-même et même nourrir chacun de ceux qui viennent à vous, tant vous possédez de ressources. Si cette même personne vient et vous propose le même marché, vous le refuseriez. Vous pourriez même lui proposer de le nourrir sans rien en échange, par compassion. Si l'on remplace maintenant la nourriture avec l'amour et le respect, l'analogie montre à quel point les relations peuvent être biaisées si l'on n'arrive pas à se sentir complet et aimé soi-même, sans être dépendant des autres pour nous donner ce sentiment.

Comme pour les Quatre accords toltèques, il s'agit ici de vérités fondamentales et bienveillantes, qui ont l'air si simples que la réalité des choses finisse par devenir incompréhensible. Un manuel pratique et un recueil de paroles qui tombent sous le bon sens à mettre entre les mains de tous ceux qui ont besoin de se sortir des cercles vicieux relationnels. Il permet aussi de se responsabiliser par rapport à ses propres comportements tout en ne se culpabilisant pas pour ce qui n'est pas de notre ressort - soit : faites de votre mieux. J'ai passé un bon moment à lire ce livre car il n'est pas donneur de leçon et qu'il reflète l'amour dont il fait sujet. Enfin, il termine par deux prières qui seront comme des mantras à se répéter pour ne pas oublier de prendre conscience et de commencer par s'aimer soi-même.

Merci à Babelio et aux éditions Jouvence pour cette découverte !

Et aimez-vous les uns les autres (bordel de merde).

par Mrs.Krobb

La maîtrise de l'amour : apprendre l'art des relations de Don Miguel Ruiz et Janet Mills
Essai américain (traduction par Olivier Clerc)
Jouvence, février 2017 (original : 1999)
8,90 euros

mardi 18 avril 2017

"Le Chamane & le Psy" - Laurent Huguelit et Olivier Chambon

Ce livre est un recueil de dialogues entre le Dr. Olivier Chambon, psychiatre en France, et Laurent Huguelit, chamane en Suisse. Le but de l'ouvrage est de créer un partage, une ouverture entre les deux mondes, l'un basé sur le visible et l'autre sur l'invisible, l'un basé sur la science et l'autre sur les énergies qui nous fondent et nous entourent. Un beau pari, une réussite, des conversations intelligentes qui prônent le respect, l'échange entre les cultures et l'ouverture des consciences.

Bien qu'il soit plus question de chamanisme et des mondes invisibles dans ce livre, on navigue entre les deux eaux presque à chaque chapitre afin de voir le point de vue de l'un et l'autre, afin de comprendre où sont les différences, les contradictions, les difficultés et les avantages de chaque pratique.

On apprend, par exemple, les origines du mot chamane et pourquoi il est devenu un mot fourre-tout, on apprend ce qui fait les particularités de la pratique, sans trop entrer dans les détails non plus. Laurent Huguelit est un partisan de la simplicité et de l'efficacité, il dépeint un chamanisme brut, au tambour, qui utilise quelques gestes simples pour faire entrer l'invisible dans la matière, où il n'y a pas de décorum ni de plantes aux effets psychotropes. Très différent, donc, du chamanisme d'Amazonie, mais assez proche du chamanisme sibérien.

Un vent de modernité et un oeil nouveau sur une pratique ancestrale qui peine à se faire connaître et comprendre en Europe, et notamment en France. Car dans certains pays, la pratique chamanique a fait son entrée dans des hôpitaux, afin de compléter (et non de remplacer !) la pratique médicale. Le chamanisme, dans la bouche des auteurs, est comparé au réseau Web, dans une description assez marquante pour en faire comprendre les tenants et les aboutissants.

Mais aussi un nouveau souffle dans la pratique psy avec de nouvelles approches, plus à l'écoute, plus intuitives, plus symboliques, plus ancrées dans la matière, avec une ouverture aux phénomènes inexpliqués et au pouvoir guérisseur que l'on a déjà en soi, qui n'a besoin que d'être activé.

J'ai trouvé cet ouvrage très intéressant car chaque pratique a sa place, chaque mode de vie également, et que les choses y sont bien cadrées, sans fioritures, sans discours alambiqué ni ésotérique.

Bonus : Voir ici une vidéo de 30mn autour du livre avec les deux auteurs et ici une vidéo sur les approches chamaniques de la thérapie par Olivier Chambon pour ceux qui souhaitent approfondir.

par Mrs.Krobb

Le Chamane & le Psy : Un dialogue entre deux mondes de Laurent Huguelit et Olivier Chambon
Littérature française
Mama éditions, mars 2010
20 euros

lundi 23 janvier 2017

"Prendre soin de l'enfant intérieur" - Thich Nhat Hanh

Pour continuer sur la lignée d'Une vie en pleine conscience, déjà chroniqué ici, je vous propose ce petit livre de pratiques essentielles puisant dans le bouddhisme afin de renouer avec soi-même et de guérir des vieilles blessures, tout en méditant et en restant attentif, ouvert.

Les enseignements de Thich Nhat Hanh sont très simples, formulés comme des mantras, allant droit à l'essentiel. Comme on pourrait les apprendre à un enfant, à celui qui est à l'intérieur de nous, encore avide de réponses, de réconfort, d'écoute, et de pouvoir enfin relâcher toutes les émotions.

D'abord, qu'est-ce que la pleine conscience ? Ceux qui méditent le savent déjà : c'est prendre le temps d'être attentif à soi et au monde, garder son esprit ouvert, curieux, contemplatif, accepter les pensées et émotions qui surgissent et les assimiler pleinement, sans les rejeter, pour mieux les embrasser afin de ne pas créer de noeuds qui pourront ressurgir plus tard, plus fortement. C'est laisser tomber ses barrières, laisser l'espace aux choses de circuler, se relaxer profondément et prendre le temps pour soi.

Pour apaiser les souffrances anciennes, il faut commencer par remonter à ses ancêtres, renouer avec l'amour de la famille, comprendre comment les choses en sont arrivées là. C'est se réconcilier avec ses parents, avec soi, avec ceux qui nous ont fait souffrir, mais c'est aussi apprendre à dire quand il y a quelque chose qui ne va pas, quand un comportement n'est pas correct, et apprendre à le dire de la bonne façon afin de communiquer et non braquer. En cela, cette idée rejoint assez celle d'Alexandro Jodorowsky dans La famille, un trésor, un piège (utile pour ceux qui préfèrent la psychologie profonde).

Quelques exercices vous aideront à mettre en pratique ces concepts, de manière très simple, en accord avec les principes de la méditation et de la respiration consciente, pour se concentrer sur son corps, ses sensations, son esprit, ses perceptions. Tous les conseils donnés sont sages, éclairés et avisés, avec une vague de bienveillance chaleureuse et chaque chose est dite avec humilité et compassion. Même si vous n'êtes pas forcément adeptes du bouddhisme ou de la méditation, vous trouverez ici probablement assez de réponses afin de commencer à vous transformer de l'intérieur pour trouver une paix profonde et durable et être en bonne adéquation avec le monde qui vous entoure.

par Mrs.Krobb

Prendre soin de l'enfant intérieur (faire la paix avec soi) de Thich Nhat Hanh
Essai anglais (traduction par Bénédicte Genot)
Pocket, avril 2015
8,10 euros

dimanche 15 janvier 2017

"Foutez-vous la paix !" - Fabrice Midal


Je ne connaissais pas Fabrice Midal avant de recevoir ce livre grâce à Babelio et Flammarion, et je dois dire que c'est une belle synchronicité de découvrir le fondateur de l'Ecole occidentale de méditation juste maintenant. Il dirige également deux collections chez Belfond et Pocket prônant l'ouverture d'esprit et l'évolution.

Ce livre-là sera d'un énorme secours à tous les occidentaux laïques qui souhaitent commencer à méditer et à pratiquer le mindfulness, dont l'équivalent en français serait la pleine présence (ou attention) plutôt que la pleine conscience. D'ailleurs, l'auteur explique très bien la différence et rétablit de l'ordre dans beaucoup d'expressions utilisées à mauvais escient et de concepts nés d'une autre culture qui ont du mal à s'appliquer dans la nôtre. Partant du fait que la méditation provient essentiellement des orientaux qui ont une spiritualité et un mode de vie très éloignés des nôtres, et admettant que l'exercice qui fonctionne très bien pour une personne n'est pas forcément bien compris ou adapté à une autre personne, l'idée principale du livre est : abandonnez tout ce que vous croyez savoir sur la méditation, la conscience et la spiritualité, et allez vers la simplicité la plus absolue.

Que l'on soit dans une démarche spirituelle ou que l'on ait tout simplement envie de vivre mieux, l'important est d'arrêter d'être aussi tyrannique avec nous-mêmes et de nous imposer des standards, des modèles, des règles et des processus qui nous font plus de mal que de bien. Mais nous ne sommes pas les seuls fautifs, car l'éducation et les standards imposés par la société nous ont formé à ça. Nous sommes notre pire ennemi, la plupart du temps, quand nous devrions au contraire être notre meilleur ami, bienveillant comme une mère, innocent comme un enfant. Réapprendre à être soi-même, à s'accepter dans toutes ses facettes, à être vulnérable, à mettre en valeur son intelligence, sa force, sa sensibilité : voilà le parcours premier avant de s'engager plus loin à vouloir être plus, mieux, comme les autres, comme le Bouddha ou le Christ.

Voilà une façon de voir les choses qui renverse un peu les schémas habituels des exercices de méditation, qui tente de déculpabiliser tous ceux qui n'y arrivent pas, et qui va à l'essentiel, sans faire trop de détours, en utilisant la vie quotidienne comme exemple plutôt que la vie spirituelle parfois trop abstraite. D'ailleurs, cela va plus loin que la méditation, puisqu'il s'agit avant tout d'être, de vivre, d'agir, de laisser faire...

Bref : Osez ! Et foutez-vous la paix.

par Mrs.Krobb

Foutez-vous la paix ! (et commencez à vivre) de Fabrice Midal
Essai français
Flammarion (Versilio), janvier 2017
16,90 euros

lundi 10 octobre 2016

"Nouvelle Terre" - Eckhart Tolle

Presque tout le monde a maintenant déjà entendu parler du Pouvoir du moment présent, du même auteur, best-seller presque incontournable au rayon du développement personnel. Ce livre s'inscrit dans la suite logique, reprenant les mêmes principes en les développant pour bien saisir toutes les subtilités du message, et surtout en réalisant que c'est en commençant par soi que l'on peut finir par changer la donne au niveau de l'humanité entière.

La Nouvelle Terre, qu'est-ce que c'est ?

La conscience humaine collective et la vie sur notre planète sont intrinsèquement liées. Le nouveau paradis, c'est l'avènement d'un état de conscience humaine transformée, la nouvelle Terre en étant le reflet dans le monde physique.

Eckhart Tolle souligne l'urgence d'une transformation collective débouchant sur l'émergence d'une conscience plus forte grâce à l'abolition de la suprématie de l'ego collectif et individuel. L'ego, c'est ce "Moi illusoire", cette petite voix dans la tête qui a toujours besoin de se faire valoir, de s'identifier à des principes, des possessions, des souvenirs, des émotions... Celui qui veut toujours plus et qui ne nous laisse jamais en paix. L'ego, c'est plus ou moins le mental en surchauffe. On ne peut pas s'en débarrasser, car il fait partie de nous, mais on peut arriver à le faire taire, à l'apprivoiser, à l'adoucir. Tout simplement en réalisant qu'il s'agit d'une illusion qui cherche toujours à nous faire sentir unique, supérieur, écorché par la vie, avec un besoin irrépressible d'avoir toujours raison.


L'auteur décortique toutes les structures de l'ego afin de faire tomber chacun de ses masques, afin de nous défaire de ses ficelles et de nous permettre de reprendre l'emprise. Il faudra pour cela renoncer aux rôles que l'on se donne, lâcher prise avec la souffrance, laisser de côté le passé et le futur pour se concentrer uniquement sur l'instant présent. Facile à dire ? Avec toutes les clés qui vous seront données ici, cela pourra même finir par être facile à faire, à condition d'avoir vraiment envie d'un changement profond et définitif. Vous pourrez également à terme reconnaître le corps de souffrance chez les autres et les aider à s'en défaire plutôt que d'y réagir et de juger. Le corps de souffrance, en plus d'être personnel, est également lié au collectif : pensez à toutes les discriminations, les injustices, les guerres, les génocides... Tout ce qui vient s'ajouter à notre vécu personnel pour faire augmenter notre besoin d'être reconnu, respecté, aimé, compris, voulu.

Encore une fois, et comme dans de nombreuses voies spirituelles (dont vous retrouverez quelques références au fil du livre), la seule vraie solution est la prise de conscience, l'élévation au-dessus de la pensée, l'expérience du présent, du bonheur sans attente particulière. Sans oublier d'agir toujours avec acceptation, plaisir et enthousiasme. L'éveil pourra alors se faire, et s'étendre - peut-être - à échelle mondiale. En tout cas nous en aurions grand besoin.

par Mrs.Krobb

Nouvelle Terre de Eckhart Tolle
Essai anglais (traduction par Annie J. Ollivier)
Ariane, octobre 2005
20,18 euros

vendredi 15 juillet 2016

"Les Chakras : Roues de la vie" - Anodea Judith

Pour ceux qui ne sont pas familiers des termes "chakras", c'est une belle occasion d'en apprendre plus sur son corps, sur son esprit, sur ses émotions, sa façon d'être, de vivre. Les chakras (roues) sont une notion orientale qui considère les points énergétiques principaux du corps et leurs interactions. Ils sont reliés aux organes, à des endroits précis du corps, à nos sens, à des concepts tels que la survie, la sexualité, la confiance, l'amour, la communication, la perception et la conscience. Ils ont chacun une couleur spécifique, des symboles ou "mandalas" et peuvent être associés à des divinités, et bien d'autres choses encore.

Même si ça ne vous parle pas encore, vous en apprendrez ici beaucoup sur leur manière de fonctionner et sur la façon de les équilibrer pour vivre en harmonie avec soi-même et son entourage. L'introduction vous aidera à comprendre d'où ces concepts proviennent, et chaque chapitre fait une démonstration vaste de l'influence des chakras sur la vie quotidienne, de manière à la fois physique, émotionnelle, spirituelle et relationnelle. Vous pourrez alors mieux comprendre les causes de vos troubles, des maladies auxquelles vous avez du faire face, mais aussi comment les corriger ou les apaiser. A la fin de chaque chapitre vous sont proposés des exercices de méditation, des postures de yoga et des conseils spécifique à chaque centre énergétique. Un petit test simple vous aidera à savoir si vos chakras sont bien équilibrés. L'auteure retrace également l'Histoire humaine en fonction des chakras pour apporter un éclairage sur l'évolution, et fera de même pour la croissance de l'enfant en fonction des capacités auxquelles il a accès et comment mieux l'accompagner, tout en mettant en évidence le fait qu'un parent doit d'abord travailler sur lui-même pour mieux aider son enfant.

De tous les ouvrages que j'ai lus sur le sujet, celui-ci me semble être un des plus complets et détaillés, avec des solutions pratiques et de bons éclairages. De nombreuses références sont citées, et vous pourrez facilement vous y reporter pour compléter vos connaissances. L'auteure a notamment publié plusieurs ouvrages sur le sujet, celui-ci ayant été réactualisé récemment. Il est accessible à tous et les nombreuses illustrations viennent appuyer le propos efficacement. Il sera également très utile pour ceux qui font des thérapies pour accompagner la démarche.

par Mrs.Krobb

Les Chakras : Roues de la vie de Anodea Judith
Essai américain (traduction par Orsola Gelpi)
Macro Editions, octobre 2015
16,95 euros

mercredi 22 juin 2016

"Vivre Végane" - Gwendoline Yzebe

Le véganisme fait beaucoup parler de lui dernièrement, et les esprits s'ouvrent de plus en plus à ce mode de vie. Mais au fait, qu'est-ce que c'est ? Contrairement au végétérarisme, qui exclut les animaux de l'alimentation, le véganisme refuse de manger tout produit animal ou provenant d'un animal. Mais cela va un peu plus loin, pour ceux qui considèrent réellement le règne animal comme étant égal à celui de l'humain. Ca inclut de ne pas utiliser de produits venant d'animaux, dans l'habillement et de ne pas autoriser les produits testés sur les animaux dans les cosmétiques par exemple. Effectivement, ça fait beaucoup de paramètres à prendre en considération dans la vie quotidienne, mais ce n'est pas impossible.

L'auteure reprend tous ces principes de A à Z, en prenant le temps d'expliquer les choses simplement, sans tomber dans l'extrémisme ou la propagande, et montre qu'il est également possible d'y aller progressivement, selon son éthique et ses envies. Elle démonte, preuve à l'appui, tous les préjugés, les conditionnements et les fausses vérités qui nous ont été inculquées. Beaucoup d'études et de recherches sont mentionnées, pour ceux qui désireraient aller plus loin pour s'informer. Le point fort de ce livre est également la profusion de petites recettes alimentaires, ménagères ou cosmétiques, de bons plans pour manger, s'habiller ou se soigner. Vous y trouverez également un résumé des besoins nutritionnels au cas où vous avez peur de manquer de quelque chose, et où vous pouvez trouver les nutriments nécessaires.

Je recommande ce livre à ceux qui se posent des questions, qui cherchent des ouvertures, souhaitent comprendre pourquoi le véganisme peut faire du bien à tout point de vue. Il ne s'agit pas forcément de persuader à tout prix, mais seulement d'éclaircir le terrain. Bref, que vous ayez envie d'avoir un impact sur l'écologie ou que vous soyez touchés par la cause animale, ceci est fait pour vous.

Bonus : un minisite consacré au livre, avec un quiz et des bons plans et astuces.

par Mrs.Krobb

Vivre Végane de Gwendoline Yzebe
Essai français
Livre de poche, juin 2016
13,90 euros

mardi 31 mai 2016

"Le Bug : Introduction à la spiritualité" - Dominique Radas

Comme le titre l'indique, le livre propose d'introduire la spiritualité dans la vie quotidienne du lecteur, à travers plusieurs étapes en y allant progressivement. Nul besoin d'être croyant, religieux ou déjà affilié à une forme de spiritualité pour se plonger dans ce livre, qui présente les choses simplement, sans prétention, sans références obscures ou esprit New Age. Rien que du basique, applicable pour tous, à tout moment.

Dominique Radas commence par pointer du doigt le blocage, le "bug", qui nous empêche d'être conscient, présent, ouvert et éveillé : la cause en est souvent que nous tournons en boucle dans des cycles négatifs, qui ne nous conviennent pas mais desquels on a du mal à se défaire. Il faudra pour en sortir faire preuve de discernement et d'honnêteté, pouvoir se poser un peu et faire le point sur ce qui nous empêche d'avancer et d'être pleinement ce qu'on a envie d'être, de réaliser nos objectifs et d'être dans le bonheur. Nous commençons donc par une étape de mise au point, par l'introspection et des exercices de méditation analytique. L'auteur décortique les impasses et les ouvertures, et révèle les pensées illusoires qui nous emprisonnent : succès, compétition, opacité mentale, frustration, consommation, agression, revanche... Et une des plus importantes : la culpabilité.

Après avoir compris tous les mécanismes de l'esprit, de l'inconscient et des pensées collectives, nous sommes à même de pouvoir les défaire et d'aider les autres à s'en sortir également. Comme dans beaucoup de livres de développement personnel, il vous faudra apprendre à vouloir aller mieux, à retrouver la personne que vous êtes sans le regard des autres et les règles de société, à lâcher prise avec le passé et l'avenir, à prendre confiance, à retrouver un état d'esprit positif.

Pour ceux qui ont déjà un peu avancé sur ce chemin, il n'y aura pas grand chose de nouveau à apprendre, mais pour ceux qui se sentent perdus, vous aurez ici tous les outils et étapes nécessaires, de bons conseils et du bon sens. Malgré tout, je n'ai pas tellement compris l'esprit "numérique" (qui se reflète par exemple dans les termes de "bug" et de "clics") qui n'ajoute rien au propos. Je regrette aussi que le livre n'ait pas été un peu plus approfondi, tant dans l'écriture et la mise en page qui m'ont semblé parfois brouillonnes et maladroites, que dans les références contemporaines qui sans explication n'apportent rien au récit. Ne perdez donc pas de vue qu'il s'agit avant tout d'une introduction, et qu'elle se veut très simplifiée pour être accessible à tous.

par Mrs.Krobb

Le Bug : Introduction à la spiritualité de Dominique Radas
Essai français
Chemins de tr@verse, décembre 2013
16 euros

lundi 1 février 2016

"Comment je suis devenue chamane" - Claire Marie

Claire Marie est d'abord et avant tout psychologue dans un hôpital londonien, mais cela fait longtemps qu'elle ressent cet appel de la nature - et principalement l'appel de l'Arbre - qu'elle n'arrive pas à discerner, auquel elle n'arrive pas à répondre. A vingt ans, elle va même jusqu'à traverser la Russie pour retrouver un arbre qu'elle a vu en photographie, sentant que quelque chose de fort l'appelle dans la tradition sibérienne. Puis il y a six ans, elle fait le rêve d'un chaman qui lui donne une pierre et lui ordonne de s'intéresser à l'étoile Sirius. Plus tard, elle rencontre une chamane mexicaine, qui l'initie au pouvoir de la Roue de la Médecine, qui consiste à rendre hommage aux quatre directions cardinales ainsi qu'aux concepts qu'elles renferment dans la tradition aztèque. Pour finir, elle se découvre une forte affinité avec la spiritualité hindoue et le bouddhisme.

Son parcours, parsemé d'embuches et d'opportunités incroyables, elle le livre avec ses peurs, ses doutes, ses colères dues au rationalisme occidental dans lequel elle a grandi, en ne cessant jamais de se rappeler son premier métier, celui de psychologue, qui l'oblige à rester droite dans ses bottes et compréhensible pour ses patients et supérieurs. Point d'obscurantisme ou d'occultisme, au contraire ! Elle ne délivre ici que ce qu'elle sait, qu'elle sent accessible à qui n'a jamais approché le chamanisme de près ou de loin, qui ne se sent pas forcément appartenir à une spiritualité quelle qu'elle soit. Son but est principalement de montrer les failles de la médecine et de la psychologie occidentale qui ne considère pas l'humain dans tous ses aspects, mais aussi de montrer qu'on peut s'adapter en jonglant avec les deux pour rester dans un cadre respectueux des croyances de chacun.

Elle nous livre quelques entrevues avec des patients, dans lesquelles son rôle de chamane a pu aider là où son métier de psychologue était trop restrictif. Amenant les choses avec douceur, elle montre comment il est possible de soigner une personne en la libérant des influences extérieures, des contraintes imposées par exemple par la famille, les institutions, la société, en l'aidant à retrouver son âme qui a pu vouloir quitter son corps après un choc traumatique. C'est plein de douceur et de bienveillance, et ça pourra aider certaines personnes à se réconcilier avec la médecine - dans un sens qui n'est pas forcément celui dans lequel on l'entend.

par Mrs.Krobb

Comment je suis devenue chamane de Claire Marie
Essai français
Fayard, janvier 2016
18 euros

mercredi 27 janvier 2016

"Les voies du bonheur" - Jean-Marie Pelt

La crise, selon son étymologie romaine, est synonyme d'opportunité. En effet, la crise est normalement un état passager, qui signifie que le temps est venu d'opérer des changements, parfois radicaux, afin de poser des solutions à une situation problématique. La crise, telle qu'elle a commencé en 2008, n'a pas l'air sur le point de se terminer. Peut-on toujours la considérer comme telle, ou devrions-nous plutôt y voir un état permanent et exponentiel de dégradation humaine, écologique, économique ?
Produire toujours plus de biens et de services et consommer toujours davantage afin de pouvoir par rétroaction produire plus et, par là, soutenir l’emploi. Et si les besoins élémentaires sont satisfaits pour une part significative des populations des pays du Nord, (…) il faut et il suffit de créer sans cesse de nouveaux besoins pour soutenir l’activité économique.

Il semble que depuis l'avènement de l'ère industrielle, le monde a plus radicalement changé qu'il ne l'a fait en mille ans auparavant. Premièrement, par son rapport à l'environnement - là où chacun vivait dans un semblant d'autonomie et où chaque espace était délimité à échelle humaine, là où chacun connaissait la terre, savait se contenter de peu et avait des possessions qu'il gardait à vie (et même les laissait disponibles aux générations futures), nous sommes désormais pris de vitesse, de vertige et de folie des grandeurs. Deuxièmement, la qualité des relations à l'humain et à l'environnement a baissé en même temps que les villes ont succédé aux grands espaces, que la communication a connu un énorme développement de potentiel et de moyens mais une baisse réelle de sa qualité. L'être humain, dans son désir d'avoir plus, de faire toujours plus, plus vite, d'exploiter son terrain jusqu'à en tirer la dernière trace de fécondité, se pense et agit comme une divinité machiavélique assoiffée de pouvoir.
Depuis la Renaissance, en Occident, une pensée pernicieuse a fini par s’imposer. Si l’homme peut tout prendre à la nature, il ne lui doit rien en retour. 
L'auteur s’appuie sur des extraits de la Bible pour démontrer que si nous ne faisons rien dans les temps à venir, nous risquons un épisode semblable au déluge - à savoir que la Nature se régénérera d’elle-même en sauvant ce qui doit et peut l’être et en faisant fi de ce qui doit être dégagé - à savoir, l’espèce humaine qui la détruit. Il fait également des parallèles avec d’autres religions et formes de spiritualité, en passant par Hildegarde de Bingen, qui prônent l’amour de la nature et parfois la punition divine pour l’homme qui n’agit pas selon les préceptes de la conscience et de la compassion. Par là aussi, il montre que c’est notre rythme effréné et notre course à la productivité qui nous détruit, car nous ne respectons plus l’horloge naturelle.
La nature, jadis lieu de contemplation et d’admiration face à la beauté de la Création et du Créateur, est désormais perçue comme un matériau inerte à exploiter, un réservoir que l’on vide de ses ressources et un dépotoir que l’on remplit de nos déchets.
Ecologiste, biologiste, botaniste, Jean-Marie Pelt était un fervent défenseur de la Nature, à laquelle il a dédié bon nombre de ses ouvrages, et prônait un retour à la sagesse ancestrale. Même si l’on n’adhère pas spécialement à l’aspect spirituel et religieux qui découle fortement de ses textes (dans ce cas on préférera sans doute se tourner vers la sobriété heureuse tant chérie par Pierre Rabhi), on pourra reconnaître que ses grandes connaissances en la matière et ses références en font probablement un leader dans son domaine.

Bonus (extrait) : Discours du chef Seathl s’adressant en 1854 au grand chef de Washington



par Mrs.Krobb

Les voies du bonheur de Jean-Marie Pelt
Essai français
Fayard, novembre 2015
18 euros

mercredi 4 novembre 2015

"Le pouvoir du moment présent" - Eckhart Tolle

Ce livre se propose comme un guide d'éveil spirituel basé sur une seule formule magique : la présence. Comment, donc, définir la présence dans ce contexte ?

Il s'agit essentiellement de se détacher des notions de passé et de futur, qui prennent énormément de place dans la pensée. Que l'on ressasse des souvenirs, que l'on soit conditionné par des vieux schémas, que l'on pense à ce que l'on doit encore accomplir comme travail, que l'on soit dans l'attente d'un évènement... Nous sommes donc constamment pris entre l'étau du temps révolu et du temps à venir, oubliant par la même occasion de se mettre au diapason de l'instant présent.

Le temps est donc souvent le principal ennemi du bien-être, mais il y a aussi l'ego. Que représente l'ego ? C'est, entre autre, notre identification au mental, nos réactions, nos (re)sentiments... L'ego se raccroche aux pensées car il veut montrer son individualité, il veut prouver au monde qu'il existe. L'ego est ce qui craint la mort. L'ego est ce qui se distancie des autres personnes. L'ego est ce qui dicte une conduite. L'ego prend sa source également dans le corps de souffrance, dans la peur. Et il est bien difficile de se dissocier de l'ego, tant qu'on rumine des pensées, tant qu'on n'est pas présent à soi-même, tant qu'on considère les autres humains comme différents de nous.

Comme vous le verrez souvent dans n'importe quel texte prônant la spiritualité, l'important est donc de "lâcher prise". Non pas d'être absent face à une situation donnée, ou d'abandonner quoi que ce soit, mais de laisser de côté ses projections mentales. De se situer dans le contexte présent, de ressentir les choses qui se passent actuellement, sans réfléchir au passé, ni au futur, ni à sur-évaluer une situation. C'est être dans l'acceptation de ce qui est, sans offrir de résistance inutile, et agir en conséquence - ou ne pas agir, si la situation est convenable.

C'est un livre plein de bon sens, qui fonctionne comme un mantra, et qui propose une solution à quasiment tous les problèmes - à partir du moment où on applique cette présence. L'auteur démontre ici à quel point notre société actuelle est malade spirituellement, et qu'il faut pouvoir ouvrir sa conscience individuellement avant de pouvoir espérer que la conscience collective s'améliore. Quelques rapprochements sont fait avec les enseignements du Christ (et parfois du Bouddha), mais son discours s'applique essentiellement à tout le monde, peu importe son statut, son histoire, sa religion, sa classe sociale, son appartenance, son objectif... Son message clair en a fait un best seller incontournable des livres de bien-être.

Bref, il n'y a plus qu'à. Même si ça semble simple, il faut beaucoup de volonté pour y arriver - mais avec la volonté, ne dit-on pas qu'on peut faire bouger des montagnes ?

par Mrs.Krobb

Le pouvoir du moment présent de Eckhart Tolle
Essai anglais (traduction par Annie J. Olliver)
J'ai lu, août 2010
6,80 euros

mardi 13 octobre 2015

"Rêver l'obscur" - Starhawk

Rêver l'obscur, c'est se familiariser avec le concept de la peur, de nos côtés sombres, de nos conditionnements, de l'histoire humaine dans ses aspects macabres, c'est apprivoiser la bête pour mieux la comprendre, la dompter, vivre avec elle en espérant, une fois l'avoir identifiée, pouvoir la transformer. Affronter ce qui nous soumet, ce qui nous fait trembler, c'est affirmer son pouvoir, le pouvoir "du-dedans" contre le pouvoir "sur" (la supériorité imposée) et se rendre compte que nous pouvons changer les choses.

Starhawk est ce qu'on appelle une sorcière païenne, qui vit en harmonie avec la nature, l'environnement, l'animal et l'humain, qui crée et met en place des rituels magiques simples, basés sur la parole, l'énergie et le corps, en vue de se reconnecter à la Déesse Mère et de faire monter le pouvoir endormi en chacun de nous. Son but est de faire avec les moyens du bord pour changer la face du monde, tout en prônant une action non violente. Ce rôle n'est pas évident quand on sait à quel point la sorcellerie est mal vue, victime de préjugés depuis la nuit des temps, à quel point le mot magie peut faire rire ou trembler. C'est pour cette raison qu'elle s'évertue à en expliquer les fondements, à en donner des exemples afin que tout le monde se rende compte que la magie habite tout un chacun, et qu'elle réside dans les gestes, le verbe, l'intention, la volonté.

Tout en faisant un rapide compte rendu sur la chasse aux sorcières et ce que cette action a eu comme incidence tout au long de l'histoire, elle met en évidence les conditionnements qui ont eu pour but de diviser l'homme et la femme, de les enfermer dans des stéréotypes contraignants, et diviser également par le pouvoir et la terreur. Dans un contexte d'après guerre, de menace nucléaire, de libération de la sexualité étouffée, elle dresse un portrait, non seulement de l'Amérique mais du monde en général, peu élogieux mais nécessaire.

Le texte, écrit dans les années 80, n'a pas pris une ride, car il est intemporel - même si on peut dire qu'il est toujours urgent de redevenir soi, de redevenir humain, de retrouver l'adéquation avec l'environnement et la nature même des choses. La sagesse qui en émane s'applique partout, en tout temps, pour chacun, et ne se veut ni moraliste, ni discriminante, ni ésotérique. Il y a beaucoup d'amour, de bienveillance, de soutien, d'intelligence et de pistes de solutions pratiques dans ce texte, tout autant qu'il transpire la révolte, l'appel de la meute, et la revendication. Les maîtres-mots qui accompagnent ces solutions sont la solidarité, l'entraide et l'éveil des consciences. Et même si ce texte s'adresse essentiellement aux femmes de par sa nature féministe et par son historique, il n'en est pas pour autant un pamphlet excluant les hommes. Au contraire, il invite femmes et hommes à se départir des rôles imposés par la culture et la société pour redevenir avant tout des humains égaux.

par Mrs.Krobb

Rêver l'obscur - Femmes, magie et politique de Starhawk
Littérature américaine (traduction par Morbic)
Cambourakis, janvier 2015
24 euros

dimanche 13 septembre 2015

"La famille, un trésor, un piège" - Alexandro Jodorowsky et Marianne Costa

On ne choisit pas sa famille, mais au mieux, on grandit en son sein, au pire, on s'en construit une nouvelle pour la remplacer. Dès lors, nous nous construisons dans un cadre qui s'est déjà établi, nous sommes le fruit d'un arbre millénaire qui s'est formé dans un environnement donné, à un moment donné. C'est à tout un chacun de décider s'il veut suivre la même route que ses ancêtres et parents, mais on se rend vite compte que l'influence exercée, consciente ou inconsciente, est souvent plus importante, plus marquante qu'on ne le voudrait.

Dans un contexte idéal, chaque couple a pu se développer, s'aimer, s'épauler, fonder une famille unie qui n'a de cesse de vouloir le bonheur de chacun et de les laisser évoluer comme bon leur semble. Mais bien souvent, comme l'auteur le souligne avec un soucis de quasi-exhaustivité, la famille se révèle être autant un trésor qu'un piège. Secrets de famille, naissances non souhaitées, morts soudaines, conflits non résolus, lutte pour s'affirmer, sentiments refoulés... Autant d'ombres sur le tableau et de chaînes invisibles qui empêchent l'être de se réaliser pleinement.

C'est un livre très complet, friand d'exemples et de remise en situation pour éclairer le lecteur. Pour qui ne s'est encore jamais intéressé à son arbre généalogiques, toutes les clés sont données pour explorer au maximum le passé familial et comprendre les blocages qui ont pu être occasionnés. Le contexte géographique, politique, économique, religieux, spirituel ou social à chaque époque, chaque génération, est à prendre en compte pour comprendre ce qui a poussé telle personne à agir ou à être de la sorte. De la naissance au passage adulte, de la rencontre à la fécondation, de l'amour à la haine inexpliquée, toutes les étapes sont passées au peigne fin. Il s'agit aussi de mettre en lumière sur quel plan les liens ou les coupures se sont effectués : émotionnel, intellectuel, créatif, sexuel, matériel.

Et pour ne pas être en reste, Alexandro Jodorowsky, avec son expérience d'écrivain, d'artiste, de cinéaste, de mime, de "psychochamane", mais aussi de père de famille, propose de nombreuses mises en scène pour théâtraliser son expérience afin de connaître une renaissance pour se construire sur des nouvelles bases saines. Bien qu'on puisse être dubitatif sur les méthodes, selon ses croyances ou ses envies, il s'agit de voir comment fonctionne l'Inconscient là où le conscient n'arrive pas à se dépêtrer de ses problèmes intrinsèques.

Un gros pavé, certes, mais qu'il sera bon de mettre entre les mains de ceux qui ne s'en sortent pas, humainement, familièrement, émotionnellement...

par Mrs.Krobb

La famille, un trésor, un piège (Métagénéalogie : comment guérir de sa famille) de Alexandro Jodorowsky et Marianne Costa
Essai français
Pocket, mai 2014
9,80 euros

jeudi 3 septembre 2015

"L’énergie secrète de l’univers" - Maxence Layet

Qu’est-ce que l’énergie ? Si l’on en croit le dictionnaire, c’est une « force capable de fournir un travail ». Pour la culture orientale, l’énergie s’exprime par le Qi, qui représente « la substance essentielle qui compose notre univers ». On peut donc en conclure que l’énergie est une question de point de vue, mais surtout, que c’est ce qui permet à l’univers d’exister, de fonctionner. Que ce soit au niveau de l’infiniment petit ou de l’infiniment grand, l’énergie circule, et l’on peut même dire qu’elle fonctionne plus ou moins de la même manière pour les deux.

Le but de l’auteur, c’est d’essayer de dresser un catalogue presque complet des différentes énergies qui circulent à la fois en nous mais aussi autour de nous. Et ce n’est pas une mince affaire, quand l’on sait que tout, absolument tout, est énergie. De la couleur à l’air qu’on respire, de notre santé à nos appareils électroniques, de l’arbre au cyclone. Certaines cultures et mentalités étant de toute évidence plus ouvertes à la notion d’énergie vitale, d’autres étant plus réceptives à la notion d’énergie électrique, Maxence Layet se charge de concilier chacune de ces visions et de démontrer qu’il s’agit en règle générale d’un même fonctionnement. Que l’on soit sceptique ou très ouvert, les faits et les études sont là pour nous faire ouvrir les yeux sur un système très complexe mais très bien ficelé, au coeur même de toute chose.

Bien des évolutions ont eu lieu depuis la parution de ce livre, mais qui n’en ont pas moins été prédites. Le progrès est en expansion constante et de plus en plus phénoménale - comme l’univers ? L’énergie n’a donc pas dit son dernier mot, mais il est intéressant de voir ici tous les domaines dans lesquels des découvertes incroyables ont eu lieu. Les plus connectés d’entre vous - que ce soit à la nature ou à l’électronique - trouverons bien des applications et bien du potentiel à toute cette énergie, d’où qu’elle vienne et quelle qu’elle soit. Et qui sait, des remèdes à tous les maux.

En tout cas, pour ceux qui auraient besoin d’un petit cours de révision pour débutant, je dirais que c’est un des livres de base à avoir chez soi pour se rappeler d’où on vient, où on vit, qui on est, comment on tient debout, pourquoi on se sent mal, comment les choses fonctionnent et quels sont les enjeux de l’humanité dans l’avenir proche et futur.

par Mrs.Krobb

L’énergie secrète de l’univers de Maxence Layet
Essai français
Guy Trédaniel, avril 2007
22 euros

jeudi 1 mai 2014

"L'Esprit sans limites" - Russell Targ

Je peux comprendre que ce genre de livre en rebute d'office plus d'un ne serait-ce qu'à cause de la couverture un peu mystique et le fait que ce soit mentionné "aventure secrète", qui peut faire un peu penser à Indiana Jones au pays de l'acide, néanmoins il est assez intéressant de s'y plonger de temps en temps pour voir ce qu'on a à apprendre des vieux hippies ou des scientifiques un peu fous. Pourtant, si certains des livres de ce genre de collection sont vraiment l'oeuvre d'illuminés, on a affaire ici à quelqu'un dont la réputation n'est visiblement plus à faire, ni dans le monde de la physique, ni dans le domaine de la parapsychologie.

Ce livre a pour vocation d'initier le lecteur au développement de la vision à distance, pour repérer un objet, une personne, ou une maladie chez quelqu'un. Cela repose sur le principe de la conscience universelle, qui fait que nous sommes tous plus ou moins connectés, et que nous ne sommes pas bloqués dans l'instant présent mais que nous pouvons aller un peu plus loin spacio-temporellement. Pour appuyer ses propos, Russell Targ n'hésite pas à dresser une liste d'exemple conséquente, bourrée de références concrètes, et invoque de nombreuses autres personnalités. Il précise aussi que c'est un exercice difficile qui prend du temps et demande beaucoup de concentration, de méditation et d'ouverture d'esprit. Il donne toutes les clés et définit clairement les étapes que nécessitent la vision à distance, pour que tout le monde puisse s'y essayer. A vous de voir, la prochaine fois que vous chercherez vos clés.

Comme beaucoup, j'estime qu'il peut être assez difficile de croire sans voir, peut-être parce que c'est une chose qui est rarement abordée de manière scientifique et concrète et qu'il existe un bon nombre de charlatans. J'ai tenté de faire quelques recherches sur l'auteur et ne suis pas forcément d'accord avec tout ce que j'ai pu lire, je laisse la grosse part au doute avant de m'agenouiller devant la croix. Mais je trouve que la réflexion ici est intéressante et qu'elle mérite qu'on s'y penche, pour peu que ça vous parle.

Pour en savoir plus : voir cet article

par Mrs.Krobb

L'Esprit sans limites de Russell Targ
Essai (traduction de l'américain par Renaud Joseph)
J'ai lu, février 2014
6,70 euros

samedi 13 avril 2013

"Les quatre accords toltèques" - Don Miguel Ruiz

Il est temps de faire un entracte un peu hippie parmi tous ces éclats et ces folies furieuses. Faut dire qu'on aime ça, mais puisqu'il commence à faire beau, c'est presque le moment de prendre des bonnes résolutions pour se transformer en petit papillon et aller batifoler avec les truands.

Pour ceux qui voudraient devenir des pros du self control, de la zénitude totale, et qui voudraient protéger le peu d'estime de soi qui leur reste encore, voilà de quoi se dé-prendre la tête un petit instant. Parce que, rassurez-vous, ça ne dure pas très longtemps, et c'est expliqué avec les mots les plus simples du monde. Presque pas trop de chamanisme bigaré et juste ce qu'il faut pour ne pas verser dans la secte de témoins de Jehovah. Et je vous vois venir, moi aussi je préfère toujours un bon livre de pirates édentés qui se tapent sur la gueule pour me fendre la poire (meilleur remède à tous les problèmes), c'est juste qu'il faut bien tout essayer avant de dire que c'est nul, il parait.

Les quatre accords toltèques reposent sur un principe de base très simple : être bien avec soi-même, pour être bien avec les autres, pour que les autres vous aiment bien - et qui sait, si ça ne finirait pas en orgie monstrueuse (c'est bon aussi pour le corps). Je ne vous fait pas la liste des règles de vie qui sont citées dans le livre, pour la simple raison qu'elles sont déjà très simples à assimiler. C'est le genre de choses qu'on vous dit de faire quand vous êtes petits, et que vous oubliez quand vous êtes grands, juste parce que les autres le font pas, ou que ça vous brise les noix d'être un peu gentil et pertinent. Mine de rien, c'est un livre qui accroche, et contre lequel vous ne pouvez poser aucun contre-argument, si ce n'est par mauvaise foi. Et ça se lit même si Odile Jacob vous fait très peur.

Pour ceux qui sont intéressés, la prochaine étape, qui est pas mal abordée dans ce livre, c'est d'aller jusqu'à lire Carlos Castañeda, parce que ça, c'est comme de la science fiction appliquée dans la vie réelle. Après vous pourrez devenir plus sorcier qu'Harry Potter sans baguette magique, et prendre plein de drogues pour finir cul nul en Arizona à danser autour des cactus. Ce qui, en soi, est quand même largement plus drôle que d'être contrôleur à la RATP, non ? En tout cas, vous saurez maîtriser le monde en grand manitou et plus rien ne vous fera peur. Bon deal.

Bref, oubliez pas de vivre votre vie, c'est bien, c'est important, et en plus ça rapporte.

par Mrs.Krobb

Les quatre accords toltèques de Don Miguel Ruiz
Essai (traduit de l'américain par Olivier Clerc)
Jouvence, mai 2005
6,60 euros